Des taxis pour les victimes les plus démunies

« Il ne suffit pas de libérer la parole. Encore faut-il que cette parole soit entendue »

3 Questions à l’Adjudante Virginie Redureau Adjointe à la Maison de Confiance et de Protection des Familles

Ayant intégré en Aout 2018 la Brigade de Protection des familles (BPF) en tant que référente départementale sur les violences intrafamiliales et qualifiée pour mener des auditions de mineurs victime, l’adjudante Virginie Redureau, qui œuvre maintenant au sein de la nouvelle Maison de Confiance et de Protection des Familles (MCPF) à Bois-d’Arcy, nous fait part d’un partenariat fructueux établi avec la commune de Beynes et l’association IRIS (Indépendance Respect Identité Soutien) en faveur des victimes de violences intrafamiliales.

Quarante agents informés et sensibilisés
« C’est en réseau que nous pouvons réellement nous montrer efficaces pour la protection de victimes de violences. C’est en effet en lien avec Marielle Savina, chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité entre les hommes et les femmes, avec les élus de Beynes et avec les membres de l’association IRIS et de l’association France victimes que nous avons pu entreprendre des cessions de sensibilisation d’une quarantaine d’ agents ((Etat civil, bibliothèque, services techniques, police municipale....) aux violences intrafamiliales.

Il ne s’agissait pas, bien entendu, de former des adjoints de la gendarmerie mais de rendre ces acteurs du territoire vigilants aux signes pouvant trahir une situation de violence et capable d’entendre et recueillir la parole des victimes. Il s’agissait également de faire en sorte que les agents sachent vers quelles structures et personnes bien identifiées (Référent local de la gendarmerie ou d’association) se tourner pour venir en aide aux victimes. Il ne suffit pas, en effet, de libérer la parole ; encore faut-il que cette parole soit entendue par les bonnes personnes et suivie d’effets.

Des taxis pour les victimes les plus démunies

Et puis, en janvier dernier, une convention « Bons taxis » a été signée, entre l’association IRIS et 5 femmes conductrices de taxi, en présence de représentants de la commune, de la préfecture et du groupement départemental de la gendarmerie. Cette convention dite des « Bons taxis » vise à favoriser la mobilité des victimes de violences intrafamiliales dans leur parcours judicaire ainsi qu’à garantir leur sécurité. Les bénéficiaires peuvent ainsi se rendre à des consultations à l’unité médico-judiciaire, se déplacer pour des audiences au tribunal et, en cas d’urgence, être véhiculées, avec le cas échéant leurs enfants, vers un hébergement d’urgence. A cette fin, pour le transport sécurisé des enfants co-victimes de violences, une entreprise a offert une dizaine de sièges autos et de rehausseurs. Concrètement, le ou la gendarme en lien avec la victime saisit l’association IRIS et, une fois l’accord obtenu de la part de l’association, se charge de mettre en relation la victime avec la conductrice de taxi volontaire. Cinq femmes taxi ont intégré ce dispositif, non sans avoir préalablement été sensibilisées à la question des violences intrafamiliales. Le dispositif est utilisable jour et nuit, sachant que, pour diverses raisons, beaucoup de faits de violence se passent la nuit et le Week-End.

Un contrat pionnier contre les violences et pour l’égalité

Enfin, dans le sillage de la déclaration du Président Emmanuel Macron faisant de l’égalité entre les hommes et les femmes une grande cause du quinquennat, le maire de Beynes, le 8 mars dernier, a signé avec les services de l’Etat un contrat de mobilisation et de coordination local sur les violences sexistes et sexuelles et pour l’égalité entre filles et garçons ; une première dans les Yvelines. Ce contrat engage les parties prenantes à se coordonner et à se mobiliser pour mener des actions de sensibilisation, mettre en place des moyens de préventions et toujours plus et mieux accompagner les victimes. »

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